Jules Kunhardt
Tenir bon – Le Roi – Vue 1 sur 2

Tour de Provence [plus]

Tenir bon – Le Roi

Gouache sur papier

20,1 × 20,1 cm · 7,9 × 7,9 in

2023

Ma première rencontre avec la course camarguaise a été autant un défi linguistique qu’une révélation culturelle. Avec ma maîtrise limitée du français provençal et des règles de ce « jeu » intrigant, une chose était limpide : ce n’est pas un combat, c’est un art dont le taureau est le héros incontesté.

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L’expérience a été tout simplement à couper le souffle. Le taureau entre dans l’arène avec une fierté ardente, soulève le sable et jauge les razeteurs, comme s’il anticipait chacun de leurs gestes. Il m’a rappelé Ferdinand le taureau – sauf qu’ici, le taureau n’est pas seulement un amoureux des fleurs, mais l’acteur vibrant d’une danse pleine d’énergie.

En Camargue, tout est affaire d’adresse et de respect mutuel. Ici, la course rend honneur au taureau : son nom s’étale sur les affiches, au-dessus même de celui du razeteur. La renommée de l’élevage, la manade, y figure elle aussi fièrement. Ici, le taureau est une vedette ; ses prouesses peuvent garantir un spectacle plein d’adrénaline.

Les razeteurs, aussi habiles soient-ils, jouent les seconds rôles auprès de ces vedettes bovines. Leur gloire est indissociable des taureaux qu’ils affrontent. Mais contrairement à la corrida, la course camarguaise se déroule sans effusion de sang : les taureaux ne sont pas là pour tuer. Dans les rares cas où un taureau tue, son nom est tragiquement rayé de tous les registres.

Cette danse entre danger et dignité a inspiré ma dernière série de gouaches – où chaque trait et chaque couleur rendent hommage aux véritables vedettes du spectacle.

Collection privée

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